Kevin Mayer, un record du monde venu d’ailleurs

A l’occasion du Décastar, le Français a réussi son fantastique pari : battre le record du monde de sa discipline.

Une revanche. Une «rédemption», aussi, pour reprendre les termes de Dan O’Brien. 26 ans après le record du monde établi par l’Américain à Talence (8891 points), le Décastar a vécu un nouveau moment d’histoire ce week-end. A l’instar d’O’Brien qui avait brillé dans la cité girondine quelques mois après vécu une cruelle désillusion avec une non-qualification pour les Jeux olympiques de Barcelone, Kevin Mayer a effacé sa sortie de route des derniers Championnats d’Europe estivauxé, lorsque trois sauts mordus à la longueur lui avaient valu un zéro pointé le privant d’un sacre annoncé.

Un échec qui l’avait marqué, tout autant qu’il l’avait motivé à effacer la barre mythique des 9.000 points que seuls deux décathloniens avaient franchi : le Tchèque Roman Sebrle (9.026) et l’Américain Ashton Eaton, le désormais ex-détenteur du record du monde (9.045). Une marque qui focalisait l’attention du Français, et dont il n’entendra plus parler. Après une journée de samedi record, qu’il acheva avec 128 points d’avance sur son record de France de Rio, Mayer n’a rien lâché le dimanche. Avec trois points d’orgue : ses 13’’75 au 100m haies, qui lançait parfaitement sa journée. Puis ses 5,45m à la perche, un exercice dans lequel il sait briller, mais peut aussi se faire des frayeurs comme lors des Championnats du monde 2017 à Londres où il avait frôlé le zéro. A Talence, royal, il a effacé 5,05m, 5,25m, 5,35m et, donc, 5,45m à chaque fois à son premier essai. Un symbole.

Mais le plus beau était encore à venir. Lors du lancer de javelot, le champion du monde en titre réalisait un premier jet extrêmement solide à 66,34m. Une performance qui lui déroulait déjà le tapis rouge vers le record du monde. De quoi se concentrer déjà sur le 1.500m ? C’était mal connaître le panache du natif d’Argenteuil. Sur sa dernière tentative, il s’arrachait, expédiait son javelot à 71,90m et pouvait hurler son bonheur devant un public conquis. Nanti d’une avance de 205 points d’avance sur le record d’Eaton, Mayer pouvait même se permettre ce trait d’humour sur RMC : «Je vais pouvoir faire le 1.500m en footing donc c’est cool.» Au lieu de cela, le Français eut le droit à 4’36’’ de souffrance. A bout de souffle, au mental, Pour un total de 9.126 points qui le fait entrer dans l’histoire de l’athlétisme.

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