Trail de l’île d’Yeu : samedi 16 juin 2018 – L’île maudite…

Ma version du trail de l’île d’Yeu aurait également pu s’intituler : « quand le 45 ne veut pas de moi… »

Tout avait pourtant bien commencé : les inscriptions en un temps record le 1er décembre (tout était bouclé en une matinée) et une préparation physique et mentale de choc toute l’année, tout ça sans entamer ma détermination sur cette distance mythique : courir 45 km !

Un léger dysfonctionnement aurait dû me mettre la puce à l’oreille : au débarquement sur l’île d’Yeu, prise en charge des bagages par la résidence de vacances ; arrivée aux lodges à pied : on croise le fourgon de la résidence dans lequel Charlotte aperçoit « tiens, il reste un sac bleu ! » en rigolant… Dans mon cerveau (lent, certes), cela fait tilt : « ma glacière! »

Effectivement, le seul bagage manquant était pour moi… Et pas le moindre ! À l’intérieur, le secret de ma vitalité légendaire : fruits et graines ! (non, Patrick, aucune bière…!)

Cela déjà n’augurait rien de bon…

Après une nuit agitée comme seul les grands trails peuvent en générer (impossible de s’endormir, réveillée par Angelo qui s’agite lui aussi, stress qui monte…), les préparatifs matinaux étaient sérieux pour tous. Que ce soient Brigitte et Eric sur le 24 km ou Jean-Mi, Karim, Charlotte et moi sur le 45, c’est dans une bonne humeur retenue et feutrée que nous avons petit-déjeuné sur la terrasse et bouclé nos camelback remplis de potions de toutes sortes : eau gazeuse, eau salée citronnée sucrée, eau tout court…

À 10h, petite promenade en famille jusqu’au gymnase pour un briefing inaudible puis jusqu’au départ sur le port Joinville… 10h40, prêts sur la ligne de départ pour le 45 km (le 24 km partait 10 min après nous) et même pas stressés, juste excités : en route pour notre visite « guidée » sous un temps idéal, légèrement voilé et pas trop chaud.

Le trail s’annonçait – nous avait-on dit – technique, avec des portions de sable mou : globalement très roulant, avec quelques escarpements à franchir (mais quand on a fait le tour du lac de St Vincent-sur-Graon et la Baffardière, c’est de la rigolade!), deux plages à traverser sur du sable dur, que demander de plus ? (grossir les flèches, peut-être?)

Car vous le devinez déjà, mon sens de l’orientation ne s’est toujours pas amélioré…

Pendant les 10 premiers km, Karim, Charlotte et moi avons couru ensemble (10-11 km/h), puis, après avoir entendu au premier ravito « 3ème et 4ème féminine », Charlotte s’est évadée : normal !

Karim a eu pitié de moi et est resté une quinzaine de km. On courait à 10 km/h en suivant les « fameuses » flèches jaunes, mes jambes commençaient à me lancer, j’ai convaincu Karim de « partir » : lui qui ne s’était quasiment pas entraîné et qui en plus aspirait comme un malade sur le tuyau de son camelback sans boire une gorgée ! avait de bonnes sensations.

C’est entre le 30ème et le 35ème km que tout a cafouillé pour moi…

Ce qui m’est arrivé ? Eh bien, pour faire court, j’ai fini 1ère féminine… Oui-oui, vous avez bien lu : 1ère féminine au scratch ! Même Brigitte et Eric, arrivés de leur 24 km, ont eu un instant de doute en me voyant… Je ne sais pas qui des trois était le plus ahuri.

En fait, vous l’aurez compris (si vous connaissez mon sens inné de l’orientation), il me manque 7 km à ma montre ! Je n’ai couru que 38 km en 4h ! Ne me demandez pas comment, je peux seulement vous répondre piteusement que j’ai suivi un type qui s’est gouré lui aussi, comme le 3ème qui nous suivait, et que nous avons dû « omettre » de courir une petite boucle de 7 km… !

J’ai dû insister pour que les organisateurs me disqualifient, car ils voulaient m’offrir un petit quelque chose pour avoir été honnête ! C’est la meilleure, celle-là !

Je trouvais que le trail était un peu mou, j’ai décidé de faire l’animation ! Je fanfaronne mais en vérité, je suis tout à fait penaude !

Donc je n’ai pas couru 45 km – je porte quand même le polo – et le défi reste donc entier pour l’an prochain !

J’ai commencé à me faire « chambrer » par les copains du club, puis par des coureurs curieux qui venaient me questionner, j’attends donc avec impatience vos petites remarques qui ne manqueront pas, je m’en doute, de piquant !

Le week-end fut tout de même magique – non parce que j’ai « escamoté » une portion du parcours – mais l’île nous a offert ses paysages magnifiques lors d’une grande ballade à vélo le dimanche, au cours de laquelle nous avons pu récupérer et, accessoirement, admirer la conduite quasi irréprochable de Jean-Mi ! De belles rigolades et de jolis couleurs façon écrevisses et homards !

Un grand merci à nos fournisseurs officiels d’apérobic : Jean-Mi et Eric ; à notre diététicienne chevronnée Brigitte pour sa gâche et sa confiture de cerises « maison » ; à notre nounou d’enfer Manu qui a géré nos fils-nos batailles de main de maître et aux Omari… pour leur nom ! (Oh Marie, oh Marie Marie blues, oh Marie blues!)

Cette bulle nous aura apporté de jolis souvenirs ensoleillés… Il n’y a que pour Charlotte que le mystère reste entier : elle est arrivée avec des graines et elle est repartie avec une coupe…

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